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New York:Un Doyen de la Communauté Guinéenne des États-Unis brise le silence .

septembre 28, 2026
in Internationale
0

El Hadj Mohamed Baro. Je suis Le Doyen de la Communauté Guinéenne des
États-Unis et je réside dans l’État de New York.

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LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE
MONSIEUR MAMADI DOUMBOUYA,
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE
GUINÉE.

Pardon, Mamadi. Ifo Mamadi.
Pardon, Monsieur le Président. Ifo Fama.
Pardon, mon fils. Ifo n’Den.
Son Excellence Monsieur le Président,
Je ne sais pas si cette lettre vous parviendra ou si vous en prendrez connaissance.
Je tiens néanmoins à l’adresser publiquement à la communauté guinéenne des
États-Unis, au peuple de Guinée et à toutes celles et ceux qui souhaitent comprendre ce
qui s’est passé lors de votre séjour à New York en septembre 2026.
Je m’appelle El Hadj Mohamed Baro. Je suis Le Doyen de la Communauté Guinéenne des
États-Unis et je réside dans l’État de New York. Je vis à New York depuis 1974. Pendant de
nombreuses années, j’ai choisi de garder le silence, convaincu que les sages savent aussi
quand parler et quand se taire. Aujourd’hui, je considère que les événements survenus à New
York doivent être racontés avec calme, précision et dignité.
Je m’adresse à vous avec respect, mais aussi avec la peine d’un homme qui estime que
l’accueil réservé au chef de l’État et la manière dont les Guinéens ont été rassemblés ont porté
atteinte à l’image de notre communauté et surtout à la Dignité de mon cher Président. Je
demande pardon au chef de l’État, au nom de la communauté guinéenne des États-Unis en
général et de celle de New York en particulier, pour les scènes de désordre et les paroles
irrespectueuses qui ont marqué ces rencontres.
Cette demande de pardon n’efface pas les questions qui se posent.
Elle exprime mon regret et mon souhait que nous tirions les leçons de ce qui s’est passé.
Les événements de New York.
Votre séjour a donné lieu à plusieurs rendez-vous: une cérémonie d’accueil à l’hôtel Waldorf
Astoria, votre intervention aux Nations Unies et une rencontre annoncée avec la communauté
guinéenne à Brooklyn, ensuite déplacée au Waldorf Astoria. Ce qui aurait dû être l’occasion
d’un accueil fraternel et d’un échange digne, selon mon expérience, été marqué par des
problèmes d’organisation, un manque d’information et de profondes divisions.
I-
La cérémonie d’accueil au Waldorf Astoria.
Le lundi 21 septembre, nous étions attendus à une cérémonie d’accueil annoncée pour 13
heures. Plusieurs d’entre nous sont arrivés vers 11 heures. Le Président n’est arrivé que
plusieurs heures plus tard, aux environs de 18 heures.
Pendant cette longue attente, nous n’avons reçu, à ma connaissance, ni eau ni collation. Des
membres de l’assistance ont été priés de quitter les lieux. Certains ont été conduits vers la rue,
tandis que d’autres sont restés sur place. J’ai vécu cette situation comme une humiliation
pour des personnes venues accueillir le Président de leur pays.
J’ai également constaté que des responsables officiels et des membres de la délégation avaient
accès à des espaces distincts de l’hôtel, tandis que les invités attendaient sans explication
suffisante. Après plusieurs heures, et sans information claire sur la suite du programme,
beaucoup d’entre nous ont compris que la soirée n’aurait pas lieu comme prévu.
Je ne prétends pas connaître toutes les contraintes de sécurité ou de protocole qui ont pu
intervenir. Mais une meilleure communication et une prise en charge élémentaire des invités
auraient, selon moi, évité une partie de cette détresse et de cette confusion.
II-
L’accès aux Nations Unies.
Le mercredi 23 septembre, jour de votre intervention aux Nations Unies, nous avons reçu
un appel de M. Ibrahima Kantara, que je présente comme un responsable de l’ambassade. Il
nous a indiqué que des badges étaient disponibles pour nous permettre d’accéder aux locaux.
La remise des badges et les démarches d’accompagnement ont toutefois pris du temps.
Lorsque nous avons pu nous organiser, votre discours était terminé. Nous n’avons donc pas pu
être présents à temps pour vous écouter et vous soutenir dans la salle.
Cette situation aurait pu être évitée si les informations relatives aux badges, aux horaires
et aux conditions d’accès avaient été communiquées plus tôt et de manière coordonnée.
III-
La rencontre avec la communauté guinéenne.
Le jeudi 24 septembre, une rencontre avec la communauté était annoncée à Brooklyn pour
14 heures. Des rumeurs d’annulation ont circulé, sans qu’un avis clair ne soit transmis à tous
les invités, selon les informations dont je disposais. Après plusieurs appels et m’être rendu sur
le lieu initialement prévu, j’ai appris que la rencontre était annulée et qu’il fallait rejoindre le
Waldorf Astoria.
Le déplacement a provoqué davantage de confusion. Sur place, des personnes favorables au
gouvernement et d’autres qui lui sont opposées se sont retrouvées dans un climat de tension.
Des propos injurieux ont été échangés. J’ai moi-même été pris à partie et insulté, apparemment
parce que certains m’associaient à une institution gouvernementale. Je regrette profondément
que des Guinéens venus assister à une rencontre aient été exposés à une telle hostilité.
Une réunion entre le Président et ses compatriotes devrait permettre d’écouter des
opinions différentes sans intimidation ni violence verbale. Le choix du lieu, l’information
préalable et le dispositif d’accueil auraient dû être pensés pour favoriser l’échange et
protéger les participants.
Des questions sérieuses sur l’organisation.
À la suite de ces événements, je demande que l’organisation des rencontres soit examinée
avec sérieux. Pourquoi les réunions préparatoires ont-elles été séparées entre différents
groupes — responsables associatifs, doyens des régions naturelles, imams, membres du
consulat et autres participants — au lieu de réunir les parties concernées autour d’un
programme commun?
Je mets en cause le principe de réunions distinctes lorsqu’elles sont utiles. Mais, dans ce cas,
leur multiplication semble avoir compliqué la coordination et alimenté les malentendus. Une
rencontre préparatoire commune, accompagnée d’un programme écrit, d’horaires confirmés et
d’un interlocuteur clairement désigné, aurait probablement été plus efficace.
Je demande également que les responsables concernés rendent compte de la
préparation de ces événements: les invitations, les modifications de lieu et d’horaire,
l’accès aux Nations Unies, l’accueil des participants et les consignes données au
personnel chargé du protocole.
Des allégations qui doivent être vérifiées.
Je souhaite aussi attirer votre attention sur des informations qui m’ont été rapportées au sujet
de précédents déplacements présidentiels. Il a été allégué que des personnes auraient dû
payer 100 dollars pour assister à certaines rencontres ou pour manifester leur soutien au
Président.
En 2023, Il m’a également été rapporté qu’une somme de 42 000 dollars aurait été remise par
le Ministre Morissanda Kouyaté au Président du Manden le responsable associatif, puis l’argent
a disparu, contribuant à de graves divisions au sein de la communauté L’ÉCLATEMENT TOTAL
DU MANDEN AUX ETATS UNIS.
Je ne présente pas ces éléments comme des faits établis par une enquête indépendante. Ils
sont suffisamment sérieux pour justifier des explications et, si nécessaire, une vérification
impartiale. Si ces pratiques ont eu lieu, elles doivent cesser. Le soutien politique ne devrait
jamais être acheté, et les contributions recueillies au nom d’une communauté devraient être
gérées de façon transparente.
Je demande aussi que soit examinée la manière dont les décisions prises au sein de votre
entourage sont communiquées. Des informations qui devraient rester confidentielles
semblent parfois parvenir très rapidement à des personnes extérieures aux échanges. Je
ne peux pas identifier la source de ces fuites, mais cette situation mérite une attention
particulière. Une administration efficace repose sur la confiance, la discrétion et des
responsabilités clairement définies.
Une communauté diverse, une même dignité.
La communauté guinéenne des États-Unis n’est pas homogène. Elle comprend des personnes
aux opinions politiques différentes, des membres d’associations, des responsables religieux,
des anciens, des jeunes et des familles établies depuis longtemps ou récemment arrivées.
Chacun a le droit de soutenir le gouvernement, de le critiquer ou de ne pas prendre part aux
débats politiques.
Je condamne fermement les insultes et les violences verbales, quel que soit le camp auquel
appartiennent leurs auteurs. Je condamne aussi toute tentative de faire croire à des personnes
en situation migratoire précaire qu’une manifestation ou une vidéo hostile à un responsable
politique pourrait leur garantir un statut aux États-Unis. Une telle promesse ne devrait jamais
être faite. Les questions migratoires relèvent des autorités américaines et doivent être traitées
par les voies légales appropriées.
Les désaccords politiques ne doivent pas devenir des affrontements entre communautés,
régions ou familles. La Guinée appartient à toutes ses filles et à tous ses fils. Les ressortissants
de la Moyenne-Guinée ne doivent pas être confondus avec les actes de certains individus, tout
comme aucun autre groupe régional ne devrait être tenu collectivement responsable des actes
de ses membres.
Je crois à la nécessité d’une opposition politique forte, d’institutions solides et d’une
démocratie qui protège l’expression pacifique des désaccords. Les responsables
politiques de tous bords doivent aussi mesurer le poids de leurs paroles et de leurs
appels, en particulier lorsque des jeunes risquent d’être entraînés dans des violences.
Les morts, les blessures et les destructions survenus lors de manifestations doivent être
abordés avec vérité et responsabilité. Toute responsabilité individuelle doit être établie
sur la base de faits vérifiés et dans le respect de la justice.
Ce que je demande Monsieur le Président,
je vous demande:

  1. de faire établir un compte rendu clair des difficultés d’organisation
    survenues à New York;
  2. de faire vérifier les allégations relatives aux paiements exigés pour assister
    à des rencontres et à la gestion des fonds communautaires;
  3. de demander aux services concernés d’améliorer la communication avec
    les associations, les doyens, les responsables religieux et les autres
    composantes de la diaspora;
  4. de veiller à ce que les prochaines rencontres soient préparées avec un
    programme confirmé, des responsables identifiés et des conditions
    d’accueil respectueuses;
  5. d’encourager un dialogue sincère entre les Guinéens, dans le pays comme
    à l’étranger, afin que les divergences politiques ne deviennent pas des
    fractures durables.
    Nous avons besoin d’un dialogue sérieux et productif entre les différentes composantes de la
    nation : la Basse-Guinée, la Haute-Guinée, la Guinée forestière et la Moyenne-Guinée. Ce
    dialogue ne doit pas servir à opposer les régions. Il doit permettre à chacune d’être entendue et
    à tous de bâtir des institutions respectées, fortes et impartiales.
    Je ne souhaite ni humilier ni condamner sans preuve. Je veux que les faits soient
    examinés, que les erreurs soient reconnues et que les personnes chargées de
    l’organisation assument leurs responsabilités. Les formules résumant l’échec de
    l’organisation — « Morissanda : zéro, Dabo : zéro, organisation : zéro » — ont circulé
    dans l’assistance. Elles traduisent la colère des participants, mais elles demandent une
    explication sérieuse et une enquête sur les faits.
    LE PARDON, PLUS FORT QUE LA COLÈRE
    Monsieur le Président de la République,
    Au terme de cette lettre, je veux déposer devant vous une parole qui dépasse
    les hommes, les fonctions, les circonstances et les blessures: la parole du PARDON.
    Humainement,
    Pardonnez ce qui a pu être dit, fait, mal compris ou mal interprété. Pardonne les
    blessures de l’homme à l’homme, parce qu’aucune nation ne peut avancer lorsque ses
    fils demeurent prisonniers de leurs ressentiments. Le pardon n’est pas une faiblesse.
    Il est la force de celui qui choisit de ne pas transmettre la haine aux générations futures.
    En ma qualité de Manden Mansa, au nom du droit de naissance qui m’a été transmis par
    mes ancêtres, je pardonne également.
    Pardonnez au nom de la mémoire de ceux qui nous ont précédés, de ceux qui ont bâti,
    souffert, résisté et transmis à leurs descendants une civilisation fondée sur la dignité,
    l’honneur, la parole donnée et la réconciliation.
    Devant la mémoire de nos ancêtres, je refuse que leurs héritages deviennent une source
    de division entre leurs propres descendants.
    En tant que FAKOLY KOUROUMA, héritier d’une mémoire qui porte en elle la résistance,
    la fidélité et le courage, choisissez encore une fois la voie de la paix.
    Car la véritable grandeur n’est pas de savoir vaincre son frère.
    La véritable grandeur est de savoir lui pardonner.
    Et aujourd’hui, je veux aller encore plus loin.
    En tant que Père tolérant de la Nation guinéenne, pardonnez à vos enfants.
    Pardonnez parce qu’un Père peut être blessé, mais il ne doit jamais souhaiter la chute de
    ses enfants.
    Pardonnez parce qu’un Père peut rappeler à l’ordre, mais il ne doit jamais fermer
    définitivement la porte de la réconciliation.
    Pardonnez parce que la Guinée est plus grande que chacun de nous.
    Monsieur le Président, je ne vous parle donc pas seulement avec la voix d’un homme.
    Je vous parle avec la voix d’un ancien, avec la mémoire de mes ancêtres, avec la
    responsabilité morale que je porte, et avec le cœur d’un Père.
    Que chacun garde sa dignité.
    Que chacun reconnaisse ses erreurs lorsqu’il le faut.
    Que chacun puisse demander PARDON lorsqu’il est blessé.
    Et que chacun puisse avoir la grandeur d’accorder ce PARDON.
    Je tends donc la main.
    Non pas une main de faiblesse.
    Une main de paix.
    Non pas une main de soumission.
    Une main de dignité.
    Non pas une main qui efface l’histoire.
    Une main qui permet à l’histoire de continuer.
    Monsieur le Président,
    Au nom de l’humanité qui nous rassemble,
    au nom du Manden qui nous a précédés,
    au nom de FAKOLY KOUROUMA,
    au nom de nos ancêtres,
    et au nom de cette Guinée qui demeure notre Mère commune,
    PARDONNEZ.
    Et parce que je pardonne, je refuse de transmettre la rancœur.
    Parce que je pardonne, je choisis la réconciliation.
    Parce que je pardonne, je choisis la paix.
    Et parce que je suis fils de cette terre, je continuerai à servir la Guinée:
    avec respect,
    avec dignité et
    avec amour.
    Que le PARDON ouvre la porte que la colère avait fermée.
    Que la PAIX descende sur la Guinée.
    Que nos ancêtres soient témoins de notre volonté de réconciliation.
    Et qu’un jour, nos enfants puissent dire:
    “Nos pères avaient leurs blessures,
    mais ils ont choisi de nous laisser en héritage la paix.”
    Allah ya an kanda.
    Alou ni ke.
    An be kelendi.
    Manden vacille peut-être, mais Manden ne tombe jamais.
    Avec tout le respect dû à votre haute fonction et person,
    Je vous adresse ces mots avec respect et avec l’espoir que la Guinée puisse
    dépasser les divisions, protéger la dignité de ses citoyens et renforcer ses
    institutions:
    Le respect dû au chef de l’État C’est dans cet esprit que je vous écris.
    El Hadj Mohamed Mobaco Touba-Ka BARO
    Manden Mansa:

    Doyen et Serviteur de la Communauté Guinéenne des États-Unis.
    New York, le samedi 26 septembre 2026

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