𝗖𝗟𝗔𝗦𝗛𝗦 𝗘𝗡𝗧𝗥𝗘 𝗔𝗥𝗧𝗜𝗦𝗧𝗘𝗦, 𝗕𝗢𝗡 𝗔 𝗦𝗔𝗩𝗢𝗜𝗥
Une oeuvre, c’est toute création originale de l’esprit : romans, poèmes, musiques, films, peintures, logiciels, photos… bref, tout ce qui sort de votre imagination et porte votre empreinte personnelle. D’où l’article 3 de la Loi sur le droit d’auteur en Guinée, qui, en ses termes:
« 𝑳𝒆𝒔 œ𝒖𝒗𝒓𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒍’𝒆𝒔𝒑𝒓𝒊𝒕, 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒔 𝒒𝒖’𝒆𝒏 𝒔𝒐𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒍𝒆 𝒈𝒆𝒏𝒓𝒆, 𝒍𝒂 𝒇𝒐𝒓𝒎𝒆 𝒅’𝒆𝒙𝒑𝒓𝒆𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏, 𝒍𝒆 𝒎é𝒓𝒊𝒕𝒆 𝒐𝒖 𝒍𝒂 𝒅𝒆𝒔𝒕𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒑𝒓𝒐𝒕é𝒈é𝒆𝒔 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆 𝒅𝒓𝒐𝒊𝒕 𝒅’𝒂𝒖𝒕𝒆𝒖𝒓. »
Autrement dit, le juge ne fait pas le concours du “meilleur son” ou du “clash le plus poli” pour décider si vous méritez la protection du droit d’auteur ou pas. Seule l’originalité compte.
Mais attention, chers créateurs ! Si le droit d’auteur vous protège, le Code pénal, lui, ne rigole pas.
En son article 363, le code pénal punit la diffamation et l’injure en les définissant respectivement d’une part comme 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆 𝒂𝒍𝒍é𝒈𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒐𝒖 𝒊𝒎𝒑𝒖𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅’𝒖𝒏 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒒𝒖𝒊 𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆 𝒂𝒕𝒕𝒆𝒊𝒏𝒕𝒆 à 𝒍’𝒉𝒐𝒏𝒏𝒆𝒖𝒓 𝒐𝒖 à 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒊𝒅é𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆 𝒐𝒖 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒍𝒍𝒆𝒄𝒕𝒊𝒗𝒊𝒕é à 𝒍𝒂𝒒𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒍𝒆 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒆𝒔𝒕 𝒊𝒎𝒑𝒖𝒕é , d’autre part comme 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆 𝒆𝒙𝒑𝒓𝒆𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒐𝒖𝒕𝒓𝒂𝒈𝒆𝒂𝒏𝒕𝒆, 𝒕𝒆𝒓𝒎𝒆 𝒅𝒆 𝒎é𝒑𝒓𝒊𝒔 𝒐𝒖 𝒊𝒏𝒗𝒆𝒄𝒕𝒊𝒗𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒏𝒆 𝒓𝒆𝒏𝒇𝒆𝒓𝒎𝒆 𝒍’𝒊𝒎𝒑𝒖𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅’𝒂𝒖𝒄𝒖𝒏 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒑𝒓é𝒄𝒊𝒔.
Ceci dit et de façon simple, que si ta punchline peut être protégée comme œuvre au sens du droit d’auteur… elle peut ne pas l’être en droit pénal. Car si elle insulte la maman de ton adversaire, le procureur va te donner le vrai “uppercut”.
Et pourtant, les clashs, on adore ça ! Dans le rap, c’est un sport national. C’est la capacité de créer sous pression, de structurer ses propos, de faire vibrer le public. C’est du vrai talent. En claire ça crée de l’émulation, de l’emploi entre ingénieurs de son, arrangeurs, propriétaires de studios. Une vraie économie et surtout… du divertissement. On adore tous ça. Monsieur le ministre Moussa Moise y compris.
Si on prend par exemple le cas du clash entre Le mélangeur et Thiird. On savoure, on rigole, on applaudit… mais toujours dans le respect des parents, de l’ordre public et des lois. Parce que le clash, c’est l’art de se battre avec des mots, pas avec des délits.
Le droit d’auteur est à vous, artistes guinéens. Servez-vous-en comme bouclier, pas comme piège. Car l’originalité, c’est comme le piment dans la sauce : ça brûle parfois, mais c’est ça qui donne le goût.𝗔𝗹𝗼𝗿𝘀 𝗰𝗹𝗮𝘀𝗵𝗲𝘇, 𝗰𝗿é𝗲𝘇, 𝗮𝗺𝘂𝘀𝗲𝘇… 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲𝘇 𝗹𝗮 𝗹𝗼𝗶 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗯𝗲𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗱.
Moussa Fofana
Directeur Général Bureau Guinéen du droit d’Auteur – BGDA
Au service des créateurs.