Dans le cadre de l’élection présidentielle du dimanche 28 décembre 2025, le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée), en collaboration avec ses partenaires nationaux et internationaux, a déployé un important dispositif d’observation électorale sur l’ensemble du territoire national.
Au total, 200 observateurs électoraux, dont 89 femmes, ont été mobilisés dans les circonscriptions électorales identifiées comme potentiellement à risque de violences électorales. Cette mission vise à contribuer à la tenue d’une élection libre, transparente et apaisée, conformément aux standards régionaux et internationaux.
Un déploiement massif et une collecte de données significative
Les observateurs du WANEP-Guinée ont couvert 1 392 bureaux de vote, dont 200 observés spécifiquement à l’ouverture et à la clôture du scrutin. À l’issue de la journée électorale, 1 994 rapports ont été transmis à la Salle de Situation Électorale (SSE), où ils ont été analysés et traités en temps réel.
Cette mission s’inscrit dans le cadre du Projet Régional “Suivi, Analyse et Atténuation de la Violence Électorale” (E-MAM), mis en œuvre dans 12 pays de la sous-région et financé par l’Union Européenne.
Un contexte électoral marqué par de fortes tensions sociopolitiques
L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 s’est tenue dans un contexte politique particulier. En octobre 2025, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a autorisé 124 partis politiques à exercer sur le territoire national. Toutefois, le processus électoral a été marqué par plusieurs facteurs de tension, notamment :
La promulgation de la Nouvelle Constitution le 26 septembre 2025, à la suite du référendum du 21 septembre ;
La rupture du dialogue entre une partie des acteurs sociopolitiques et les autorités de la transition ;
Le maintien de la suspension de plusieurs partis politiques de l’opposition et l’exil de certains de leurs dirigeants ;
Le rejet de certaines candidatures par la Cour suprême ;
La suspension de plusieurs médias privés ;
Les appels au boycott du scrutin par certains leaders politiques ;
L’interdiction persistante des manifestations à caractère politique ;
Des cas de disparitions signalées d’acteurs sociopolitiques.
Cadre légal et institutionnel de l’élection
Sur le plan légal, le processus électoral repose notamment sur
La création de la Direction Générale des Élections (DGE) en juin 2025 ;
La promulgation du Code électoral en septembre 2025 ;
La mise en place de l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum et des Élections (ONASUR-E) ;
Les décrets présidentiels fixant la date du scrutin et convoquant le corps électoral ;
La publication, le 12 novembre 2025, de la liste définitive des candidats par la Cour suprême.
Trois institutions clés ont joué un rôle central : la DGE, l’ONASUR-E et la Cour suprême.
Corps électoral et candidats en lice
Selon les données officielles, la Guinée compte 6 768 458 électeurs inscrits, dont 52,26 % de femmes, répartis dans 23 662 bureaux de vote à travers 16 722 centres. Les cartes d’électeurs utilisées lors du référendum constitutionnel ont également servi pour cette présidentielle.
Sur 51 dossiers de candidature déposés, la Cour suprême a retenu neuf (9) candidats, dont une femme, parmi lesquels figure le Président en exercice.
Une campagne électorale globalement calme
La campagne électorale, lancée le 28 novembre 2025, s’est déroulée dans un climat globalement calme, marqué par une forte mobilisation des partisans des candidats. Elle a pris fin le 25 décembre 2025 à 23h59.
La contribution du WANEP à la prévention des violences électorales
Dans le cadre du projet E-MAM, le WANEP-Guinée et ses partenaires ont mené plusieurs actions clés, notamment
L’élaboration d’une cartographie des zones à risque de violences électorales, couvrant 490 unités administratives, classées en cinq catégories de risque ;
Le déploiement de 20 moniteurs à long terme, dont six femmes, depuis juillet 2025 ;
La formation et le déploiement de 200 observateurs électoraux dans les zones à risque très élevé et élevé, contre 100 lors du référendum constitutionnel.
À travers cette mission d’observation et d’alerte précoce, le WANEP-Guinée réaffirme son engagement en faveur de la prévention des violences, du renforcement de la paix et de la consolidation de la démocratie en République de Guinée.