À la veille de l’élection présidentielle prévue ce dimanche 28 décembre 2025, la Salle de situation électorale a officiellement lancé ses activités à travers une déclaration d’entrée rendue publique par WANEP-Guinée et ses partenaires. Cette échéance électorale, la première depuis le référendum constitutionnel du 21 septembre 2025, est présentée comme un tournant décisif vers le retour à l’ordre constitutionnel en République de Guinée.
Dans ce contexte, WANEP-Guinée a déployé une mission d’observation électorale sur l’ensemble du territoire national. L’objectif affiché est de contribuer à la tenue d’un scrutin libre, crédible, inclusif et apaisé, à travers l’observation, l’analyse et la prévention des risques électoraux.
Un contexte politique et sécuritaire sensible
La déclaration souligne que l’élection présidentielle se déroule dans un environnement sociopolitique complexe. Malgré l’autorisation officielle de 124 partis politiques par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) en octobre 2025, plusieurs facteurs de tension demeurent.
Parmi les éléments relevés figurent la promulgation de la nouvelle Constitution le 26 septembre 2025, la rupture du dialogue entre certains acteurs sociopolitiques et les autorités de la transition, ainsi que la suspension de grands partis d’opposition, notamment l’UFDG et le RPG, combinée à l’exil de leurs dirigeants.
S’y ajoutent le rejet de certaines candidatures par la Cour suprême, la suspension de plusieurs médias privés, les appels au boycott du scrutin, le maintien de l’interdiction des manifestations politiques en dehors de la campagne électorale, ainsi que les disparitions de plusieurs acteurs sociopolitiques.
Des préparatifs encadrés par un nouveau dispositif légal et institutionnel
Au plan des préparatifs, la déclaration met en avant un cadre légal et institutionnel profondément revisité, soutenu par de nouvelles lois et décrets. La gestion du processus électoral repose désormais sur la Direction Générale des Élections (DGE), créée en juin 2025 et placée sous la tutelle du MATD, après le transfert des compétences de l’ancienne CENI.
Le dispositif est complété par l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum et des Élections (ONASUR-E), chargé de la supervision du processus, et par la Cour suprême, qui joue un rôle central dans la validation des candidatures et des résultats.
Plusieurs textes encadrent juridiquement le scrutin, notamment le Code électoral promulgué le 27 septembre 2025, la Nouvelle Constitution, le décret fixant la date de l’élection, la convocation du corps électoral et l’arrêt de la Cour suprême publiant la liste définitive des candidats.
Un corps électoral de plus de 6,7 millions d’électeurs
Concernant la liste électorale, le fichier utilisé lors du référendum constitutionnel servira également pour l’élection présidentielle. Selon les données officielles, la Guinée compte 6 768 458 électeurs inscrits, dont 3 493 251 femmes, soit 52,26 %, répartis dans 23 662 bureaux de vote à travers le pays.
Un appel à la responsabilité collective
À travers cette déclaration d’entrée, WANEP-Guinée réaffirme son engagement à suivre de près le déroulement du scrutin, à informer l’opinion nationale et internationale, et à contribuer à la prévention des violences électorales. L’organisation appelle l’ensemble des acteurs autorités, candidats, partis politiques, médias et citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue et de respect des règles démocratiques, afin de garantir un scrutin pacifique et crédible.